La police belge organise ses grades autour d’une logique simple à comprendre une fois qu’on en connaît la grille : un cadre opérationnel divisé en cinq sous-cadres, un cadre civil pour les fonctions administratives et techniques, et un système d’ancienneté qui ajoute le qualificatif « Premier » devant le grade après treize ans. Cette structure est issue de la grande réforme du 1er janvier 2001 qui a fusionné trois anciennes forces de police en une seule organisation.
Cet article passe en revue chaque grade, du plus bas au plus haut, avec les missions associées, les diplômes requis et les éléments visuels qui permettent de reconnaître un policier sur le terrain. Si vous préparez les épreuves de sélection, si vous cherchez à comprendre la hiérarchie d’un commissariat, ou si vous voulez simplement savoir à qui vous parlez lors d’un contrôle, vous trouverez ici la grille complète.
La réforme des polices de 2001, origine du système de grades actuel
Avant 2001, la Belgique vivait avec un système policier morcelé. Trois grandes forces se partageaient le terrain : la police communale, employée par chaque commune et chargée du maintien de l’ordre local, la gendarmerie à statut militaire, et la police judiciaire rattachée aux parquets. À côté coexistaient des services spécialisés comme la police aéronautique, maritime et ferroviaire. L’affaire Dutroux, en 1996, a fait apparaître au grand jour les défaillances de cette organisation cloisonnée : transmission d’informations défectueuse, rivalités entre corps, lacunes opérationnelles.
La loi-cadre du 7 décembre 1998 organisant un service de police intégrée, structuré à deux niveaux, constitue aujourd’hui la base juridique de la police belge. Elle a été mise en œuvre concrètement le 1er janvier 2001. Ce jour-là, la police communale et la gendarmerie ont fusionné pour former la police locale, tandis que la police fédérale reprenait les missions à compétence nationale. Au moment de la réforme, la Belgique comptait 589 polices communales et 18 745 policiers communaux à intégrer dans la nouvelle organisation.
Les grades de la nouvelle police intégrée, eux, ne sont entrés en vigueur que dans un second temps. La loi qui les fixe a été publiée au Moniteur belge le 26 avril 2002, pour une application effective au 30 avril 2002. Ce décalage tient au temps nécessaire à la conversion des anciens grades vers la nouvelle grille : grades de la police communale, grades militaires de la gendarmerie et grades de la police judiciaire ont dû être réinterprétés dans le nouveau système. C’est aussi cette loi qui a posé le principe d’une distinction entre cadre opérationnel et cadre administratif et logistique.
Structure générale : les 5 cadres de la police intégrée
Le personnel de la police belge se répartit entre deux grands ensembles. D’un côté, le cadre opérationnel, qui rassemble les agents et fonctionnaires de police en uniforme. De l’autre, le cadre administratif et logistique, dit CALog, qui regroupe le personnel civil : assistants administratifs, comptables, juristes, informaticiens, techniciens, chauffeurs, cuisiniers, électriciens.
À l’intérieur du cadre opérationnel, la Police Fédérale distingue cinq groupes de grades policiers appelés « cadres ». Selon la présentation officielle de la Police Intégrée, ces cinq cadres sont le cadre des agents de police, le cadre des agents de sécurisation, le cadre de base, le cadre moyen et le cadre officier. Certaines présentations locales fusionnent les deux premiers sous l’appellation unique de « cadre des agents », ce qui ramène le total à quatre. La version à cinq cadres est plus précise parce qu’elle isole le cadre des agents de sécurisation, qui n’existe qu’au niveau fédéral et possède ses propres grades.
La grille opérationnelle repose sur six grades policiers de base, déclinés en versions « aspirant » (durant la formation) et « premier » (après treize ans d’ancienneté). Ces six grades de base se répartissent entre trois cadres pour les fonctionnaires de police (base, moyen, officier) et deux cadres pour les agents (agents de police, agents de sécurisation). Une distinction importante apparaît ici : les agents de police ne sont pas fonctionnaires de police. Ils disposent d’un armement égal à celui des fonctionnaires depuis 2016, mais ne possèdent pas toutes les compétences de police dévolues aux autres cadres.
Depuis le 9 mai 2016, les membres du personnel comptabilisant 13 années d’ancienneté de grade peuvent faire précéder leur grade du qualificatif « Premier ». Une ligne horizontale a été ajoutée sous les symboles représentant le grade pour matérialiser cette ancienneté. Cette règle s’applique aussi bien aux opérationnels qu’aux membres du cadre administratif et logistique.

Le cadre officier : 5 grades au sommet de la hiérarchie
Le cadre officier représente le plus haut niveau hiérarchique de la police intégrée. Il comprend cinq grades, du plus élevé au plus bas : Premier Commissaire Divisionnaire de Police, Commissaire Divisionnaire de Police, Premier Commissaire de Police, Commissaire de Police et Aspirant Commissaire de Police.
Le grade de Commissaire de Police (CP) est un grade composite. Selon les sources historiques, il regroupe les anciens grades de commissaire adjoint, commissaire adjoint inspecteur, commissaire de police et commissaire en chef de police des petites villes, les commissaires à la Police judiciaire près les parquets, ainsi que les sous-lieutenant, lieutenant, capitaine et capitaine-commandant de gendarmerie, plus adjudant et adjudant-chef commandant une brigade de gendarmerie, garde champêtre unique et garde champêtre en chef. Cette fusion explique l’hétérogénéité des profils que l’on peut rencontrer dans le grade.
Les officiers jouissent d’une pleine compétence de police et exercent des tâches éminemment dirigeantes. Ils gèrent l’ensemble du personnel placé sous leurs ordres : inspecteurs principaux, inspecteurs et agents. Ils ont qualité d’Officier de police judiciaire et administrative. Concrètement, selon la communication officielle de recrutement, les commissaires de police sont considérés comme les managers de la police. Ils dirigent et accompagnent des équipes, font en sorte que les objectifs stratégiques soient atteints, gèrent les informations importantes, prennent des décisions, élaborent des plans d’action et les mettent en œuvre.
Le Commissaire Divisionnaire de Police (CDP) occupe l’échelon le plus élevé. Il dispose de la même pleine compétence de police et exerce des tâches dirigeantes. Le Premier Commissaire Divisionnaire est, en pratique, le sommet de la grille pour ceux qui comptent au moins 13 ans d’ancienneté dans ce grade.
Visuellement, les officiers se repèrent à leurs insignes constitués de couronnes dorées brodées sur un écusson placé en plastron ou en épaulettes. Le commissaire divisionnaire se distingue en outre par la présence de feuilles de chênes sur le képi ou la casquette, signe immédiat du grade le plus élevé.
| Désignation | Insigne fédéral | Insigne local |
|---|---|---|
| Premier Commissaire Divisionnaire de Police | [Image] | [Image] |
| Commissaire Divisionnaire de Police | [Image] | [Image] |
| Premier Commissaire de Police | [Image] | [Image] |
| Commissaire de Police | [Image] | [Image] |
| Aspirant Commissaire de Police | [Image] | [Image] |
Pour devenir commissaire de police, il faut détenir un diplôme universitaire ou non universitaire de type long, selon les conditions d’admission publiées par les services de recrutement.
Le cadre moyen : l’Inspecteur principal de police
Le cadre moyen, anciennement appelé Sous-Officier d’Élite du temps de la gendarmerie, comprend trois grades : Premier Inspecteur Principal de Police, Inspecteur Principal de Police (INPP) et Aspirant Inspecteur Principal de Police (AINPP).
Ce cadre rassemble une famille de grades anciens très diverse : inspecteur, inspecteur principal et inspecteur principal de 1re classe de la police communale, maréchal des logis chef, premier maréchal des logis chef, adjudant et adjudant chef de gendarmerie non commandants de brigade, ainsi que les grades d’inspecteur, inspecteur principal et inspecteur divisionnaire de la police judiciaire. Cette généalogie composite explique la diversité fonctionnelle du grade aujourd’hui.
Les inspecteurs principaux disposent de compétences policières complètes et détiennent des tâches de responsable. Ils gèrent les inspecteurs et les agents de police dans des équipes ou des entités réduites. En principe, tous les INPP sont officiers de police judiciaire (OPJ), avec une exception notable : les inspecteurs et inspecteurs principaux issus de l’ancienne Police communale n’ont pas cette qualité de manière automatique.
Le cadre moyen est aussi celui où la police recrute des profils spécialisés. Les inspecteurs principaux de police avec spécialisation particulière sont recrutés sur la base d’un diplôme spécifique de bachelier, et sont alors spécialisés dans des domaines comme Ecofin (criminalité économique et financière), CSI (investigation sur scène de crime), ICT ou Assistant de police. Cette voie d’entrée latérale permet à des professionnels venus du privé ou d’autres administrations d’intégrer la police à un niveau intermédiaire.
| Désignation | Insigne fédéral | Insigne local |
|---|---|---|
| Premier Inspecteur principal de Police | [Image] | [Image] |
| Inspecteur principal de Police | [Image] | [Image] |
| Aspirant Inspecteur Principal de Police | [Image] | [Image] |

Le cadre de base : l’Inspecteur de police, cœur du métier
Le cadre de base comprend trois grades : Premier Inspecteur de Police, Inspecteur de Police (INP) et Aspirant Inspecteur de Police. C’est numériquement le cadre le plus important de la police intégrée et celui qui assure l’essentiel du contact quotidien avec la population.
Sur le plan historique, ce cadre regroupe les anciens grades d’agents, brigadiers et brigadiers principaux de police, les gendarme, brigadier, maréchal des logis et premier maréchal des logis de gendarmerie, ainsi que les gardes champêtres de la police rurale. L’inspecteur de police possède des compétences policières complètes et a qualité d’Agent de Police Judiciaire (APJ).
Les inspecteurs assurent une fonction de police de première ligne orientée vers la communauté. Selon la communication officielle, ils travaillent dans le service d’intervention, le service de quartier, la police aéroportuaire, la police de la route ou la police de la navigation. Les inspecteurs forment une équipe au service du citoyen et soutiennent les communautés dans la recherche de solutions ciblées aux problèmes. C’est cette polyvalence qui en fait le cœur opérationnel de la police.
Une évolution importante concerne les compétences judiciaires. Les membres du cadre de base ayant une fonction au sein d’un service d’enquête fédéral ou local doivent avoir la qualité d’OPJ/APR après une incorporation dans le service en 2019. Le personnel déjà en place avant cette date est depuis tenu de suivre une formation afin d’obtenir cette qualité. Concrètement, un inspecteur affecté à un service d’enquête (recherche, brigades judiciaires) doit passer d’APJ à OPJ.
| Désignation | Insigne fédéral | Insigne local |
|---|---|---|
| Premier Inspecteur de Police | [Image] | [Image] |
| Inspecteur de Police | [Image] | [Image] |
| Aspirant Inspecteur de Police | [Image] | [Image] |
Pour accéder à la fonction d’inspecteur, il faut un diplôme ou certificat de l’Enseignement secondaire supérieur (CESS, six années réussies en général, technique ou professionnel) ou d’Enseignement pour adultes.
Le cadre des agents de police : missions de terrain et de circulation
Le cadre des agents de police comprend trois grades : Premier Agent de Police, Agent de Police (AGP) et Aspirant Agent de Police (AAGP). C’est le niveau d’entrée le plus accessible, puisqu’aucun diplôme n’est requis pour postuler.
La spécificité du cadre tient à son statut juridique. Les agents de police ne sont pas fonctionnaires de police. Selon les sources historiques, ils ont un armement égal à celui des fonctionnaires de police depuis 2016, mais ne possèdent pas toutes les compétences de police dévolues aux autres cadres. Ils sont principalement présents au sein de la police locale ; seule la police aéronautique de Zaventem en accueille un certain nombre pour ce qui concerne la police fédérale.
Le cadre Agent se consacre surtout aux missions de circulation : constatation des accidents, régulation et contrôle de la circulation. Il veille également au respect des règlements de police locaux et peut assister les fonctionnaires de police dans certains cas prévus par la loi, par exemple lors de la fouille de personnes. C’est aussi le cadre qui assure une partie du travail de proximité dans les zones urbaines (présence en rue, stationnement, contrôles ciblés).
| Désignation | Insigne fédéral | Insigne local |
|---|---|---|
| Premier Agent de Police | [Image] | [Image] |
| Agent de Police | [Image] | [Image] |
| Aspirant Agent de Police | [Image] | [Image] |

Le cadre des agents de sécurisation : spécificité de la Police fédérale
Le cadre des agents de sécurisation est exclusif à la Police fédérale et comprend huit grades, ce qui en fait le cadre le plus dense de la grille policière. Du plus haut au plus bas : Premier Coordonnateur de Sécurisation de Police, Coordonnateur de Sécurisation de Police, Premier Assistant de Sécurisation de Police, Assistant de Sécurisation de Police, Aspirant Assistant de Sécurisation de Police, Premier Agent de Sécurisation de Police, Agent de Sécurisation de Police et Aspirant Agent de Sécurisation de Police.
Les missions de ce cadre concernent la sécurisation de sites et de personnes à très haute sensibilité. Cela inclut les sites nucléaires, les infrastructures de l’aéroport de Bruxelles-National, les institutions nationales, internationales et européennes, les infrastructures critiques, les infrastructures du SHAPE, celles de l’OTAN, les palais royaux et les opérations ponctuelles de police. Les agents de sécurisation prennent également en charge le transfert des détenus, la police des cours et tribunaux, et les escortes protocolaires.
Selon la communication officielle de recrutement, le métier d’agent de sécurisation s’inscrit dans une approche fondée sur le respect, l’engagement et le dialogue plutôt que sur la force. La présence physique, la vigilance et la coordination avec d’autres services priment sur l’usage de la contrainte.
| Désignation | Insigne Fédéral |
|---|---|
| Premier Coordonnateur de Sécurisation de Police | [Image] |
| Coordonnateur de Sécurisation de Police | [Image] |
| Premier Assistant de Sécurisation de Police | [Image] |
| Assistant de Sécurisation de Police | [Image] |
| Aspirant Assistant de Sécurisation de Police | [Image] |
| Premier Agent de Sécurisation de Police | [Image] |
| Agent de Sécurisation de Police | [Image] |
| Aspirant Agent de Sécurisation de Police | [Image] |
Aucun diplôme n’est nécessaire pour accéder aux fonctions d’agent de sécurisation, au même titre que pour agent de police.
Le cadre administratif et logistique (CALog) : les civils de la police
Le cadre administratif et logistique regroupe le personnel civil de la police, qui exerce des fonctions administratives, techniques ou d’appui sans porter l’uniforme. Selon le portail Info Jeunes Bruxelles, ces fonctions sans uniforme représentent environ 20 % du personnel de la police.
Le CALog est organisé en quatre niveaux de classification, identiques à ceux en vigueur dans la fonction publique belge. Le niveau A correspond aux diplômes universitaires ou d’enseignement supérieur de type long. Le niveau B aux diplômes d’enseignement supérieur de type court. Le niveau C à l’enseignement secondaire supérieur. Le niveau D à l’enseignement secondaire inférieur, voire sans diplôme.
Chaque niveau possède un grade commun applicable à la plupart des membres, ainsi que des grades spécifiques pour certaines fonctions spécialisées.
Niveau A : diplômes universitaires et type long
| Grade commun | Grades spécifiques |
|---|---|
| Conseiller | Conseiller-ICT, Juriste, Ingénieur, Médecin, Dentiste, Vétérinaire |
Niveau B : enseignement supérieur de type court
| Grade commun | Grades spécifiques |
|---|---|
| Consultant | Secrétaire de direction, Traducteur, Photographe, Consultant ICT, Consultant technique, Assistant social, Comptable, Infirmier, Laborantin, Consultant en communication |
Niveau C : enseignement secondaire supérieur
| Grade commun | Grades spécifiques |
|---|---|
| Assistant | Assistant ICT, Ouvrier spécialisé |
Niveau D : niveau d’entrée
| Grades communs | Grade spécifique |
|---|---|
| Auxiliaire, Ouvrier, Employé, Ouvrier qualifié | Technicien-ICT |
Les domaines d’emploi du CALog couvrent un spectre large : communication et marketing, comptabilité et finance, enseignement, juridique, logistique, nettoyage et entretien, recherche scientifique, social et santé, technique, transport. Cette diversité reflète le fonctionnement d’une grande administration qui ne se limite pas à l’opérationnel de terrain.
Les corporate colors et insignes : reconnaître un grade à l’œil nu
La Police Intégrée a défini un code visuel cohérent pour rendre les grades identifiables dans l’espace public. Les « corporate colors » définissent l’appartenance du policier à la Police Fédérale ou à la Police Locale : ocre pour le fédéral, bleu clair pour le local. Ces couleurs se retrouvent sur les couvre-chefs, sur les insignes de poitrine ou nominette, sur les grades et sur les véhicules de service.
Les insignes de grades reposent sur un code de couleurs et de symboles. Les officiers portent des couronnes dorées brodées sur un écusson placé en plastron ou en épaulettes. Les autres grades portent des couronnes, étoiles, barres verticales ou obliques argentées. Pour identifier un grade sur le terrain, le réflexe utile consiste à regarder d’abord la couleur des insignes : doré signifie officier (commissaire ou aspirant commissaire), argenté signifie cadre moyen ou cadre de base. Plus précisément, deux couronnes argentées correspondent à un grade moins élevé qu’une seule couronne dorée. La présence de feuilles de chêne signale le commissaire divisionnaire, soit le grade le plus haut.
La plaquette de grade doit obligatoirement être portée en service sur la poche gauche de l’uniforme, à l’exception des policiers en civil. Cette obligation est fixée par la circulaire GPI 65 du 27 février 2009 relative à l’équipement de base et à l’équipement fonctionnel général des membres du cadre opérationnel de la police intégrée. Le port de la plaquette est obligatoire sur les pièces d’équipement pour lesquelles il est prévu.
Le brassard d’intervention orange est un autre élément clé du dispositif visuel. Il s’agit d’un équipement personnel numéroté que chaque fonctionnaire de police reçoit individuellement, porté au-dessus de la tenue civile lors d’opérations sans uniforme. La perte d’un brassard entraîne une enquête minutieuse, parce que la possession de cet équipement par un tiers expose à des risques d’usurpation.
Les véhicules de la Police Intégrée portent eux aussi des marqueurs d’identification réglementés. Le striping se compose de quatre lignes larges situées à l’avant d’un côté et à l’arrière de l’autre côté, réalisées en vinyl réfléchissant pour garantir une visibilité maximale de jour comme de nuit. La ligne supérieure indique la différence entre local (bleu clair) et fédéral (ocre).
Identifier un vrai policier : légitimation et carte de service
Au-delà du grade, savoir reconnaître un vrai policier d’un imposteur est utile pour la sécurité quotidienne. Tous les policiers portent un uniforme visiblement marqué du logo « police ». En civil, ils portent leur brassard d’intervention orange avec le logo bien visible. Le logo figure également sur les véhicules de service.
À chaque intervention, un policier fait connaître sa qualité si les circonstances le permettent. Il porte obligatoirement une carte de service, comparable à une carte de banque, qu’il doit présenter sur demande. Cette carte de légitimation mentionne clairement l’identité et la qualité de l’agent, et porte sa photographie. Il est légitime de demander à la voir avant de faire entrer la personne chez soi.
En cas de doute, la consigne officielle est simple : appeler le 02/412.12.12, qui est le numéro de téléphone central de la zone de police, en communiquant l’identité de la personne qui s’est présentée. Il ne faut jamais appeler le numéro de téléphone fourni par la personne elle-même, parce qu’il pourrait s’agir d’un complice.
Un autre point de vigilance : aucun policier ne démarche les habitants pour la vente d’autocollants, de cartes de soutien ou de revues. Les services de police ne délèguent aucun particulier pour cette tâche. Toute sollicitation de ce type relève d’une tentative de fraude ou d’usurpation d’identité.

Devenir policier en Belgique : conditions d’accès par grade
L’accès à la police belge passe par un processus de sélection standardisé, mais les exigences de diplôme varient selon le cadre visé. Les conditions générales d’admission sont communes à toutes les fonctions : être de nationalité belge, jouir de ses droits civils et politiques, être de conduite irréprochable, et fournir un extrait vierge du casier judiciaire (modèle 595) d’une ancienneté maximale de trois mois. Le candidat doit aussi posséder le diplôme correspondant à l’emploi visé, ou être en dernière année de cycle et avoir au moins 17 ans. Une autre règle s’applique : ne pas avoir échoué à 5 reprises à la procédure de sélection pour le même cadre.
Les diplômes requis varient comme suit, selon le portail Info Jeunes Bruxelles. Pour les fonctions d’agent de police ou d’agent de sécurisation, aucun diplôme n’est nécessaire. Pour la fonction d’inspecteur de police, il faut un diplôme ou un certificat de l’Enseignement secondaire supérieur (CESS, six années réussies en général, technique ou professionnel) ou d’Enseignement pour adultes. Pour la fonction d’inspecteur principal spécialisé, il faut un diplôme de bachelier ou suivre la dernière année de cours pour son obtention, dans les spécialisations précisées lors de l’organisation de la sélection : Labo, Assistant de police, ICT, EcoFin. Pour la fonction de commissaire de police, il faut un diplôme universitaire ou non universitaire de type long.
Le processus de sélection comporte quatre types d’épreuves : une épreuve d’aptitudes cognitives, une épreuve sportive, une épreuve de personnalité et une épreuve médicale. Une épreuve supplémentaire peut s’ajouter selon le grade postulé. Au moment de l’admission à la formation de base, le candidat doit être âgé d’au moins 18 ans, disposer des aptitudes physiques compatibles avec la fonction, posséder un permis de conduire de catégorie B et avoir réussi les épreuves de sélection.
Pour le CALog, les fonctions civiles permettent de travailler dans la police sans porter l’uniforme et représentent une porte d’entrée pour des profils techniques ou administratifs, avec des conditions d’accès qui dépendent du niveau (A, B, C ou D) et du diplôme correspondant.
Hiérarchie complète du plus bas au plus haut : récapitulatif
Pour fixer la grille opérationnelle dans l’esprit, voici l’ordre hiérarchique croissant des grades policiers, avec les abréviations officielles.
Dans le cadre des agents de police, on trouve trois grades du plus bas au plus haut : Aspirant Agent de Police (AAGP), Agent de Police (AGP) et Premier Agent de Police. Le cadre de base comprend ensuite Aspirant Inspecteur de Police, Inspecteur de Police (INP) et Premier Inspecteur de Police. Le cadre moyen se compose d’Aspirant Inspecteur Principal de Police (AINPP), d’Inspecteur Principal de Police (INPP) et de Premier Inspecteur Principal de Police. Le cadre officier, enfin, regroupe cinq grades : Aspirant Commissaire de Police (ACP), Commissaire de Police (CP), Premier Commissaire de Police, Commissaire Divisionnaire de Police (CDP) et Premier Commissaire Divisionnaire de Police.
Chacun de ces grades existe en deux variantes visuelles : insigne fédéral (ocre) pour les agents de la Police fédérale, insigne local (bleu clair) pour ceux de la Police locale. Le grade reste le même, seul l’élément graphique change. Le cadre des agents de sécurisation, exclusif au fédéral, se positionne en parallèle de cette grille avec ses huit grades propres et n’apparaît jamais en version locale.
Police locale et Police fédérale : grades partagés, missions distinctes
La Police Intégrée belge est structurée à deux niveaux : le niveau fédéral et le niveau local. Cette dualité s’incarne dans un logotype officiel symbolisant une main où l’on peut reconnaître une flamme, le symbole étant repris dans un rond pour renforcer la notion d’intégration. Le choix de la couleur bleue traduit le souhait de nouer des relations avec la population dans un climat de confiance mutuelle.
La police locale exerce des missions de proximité : intervention, accueil dans les commissariats, police de quartier, contrôle de la circulation, gestion des plaintes courantes, prévention. Elle est organisée en zones de police, dont chacune couvre une ou plusieurs communes. La police fédérale prend en charge les missions à compétence nationale et spécialisée : criminalité organisée, terrorisme, trafic de drogue, police de la route sur les autoroutes, police aéronautique, police judiciaire fédérale. Les directions générales fédérales coordonnent ces missions sur l’ensemble du territoire.
La grille des grades est commune aux deux niveaux pour les cadres de base, moyen et officier. Un Commissaire de Police peut servir indifféremment au fédéral ou au local, avec un poste de commissariat ou une direction nationale. Les agents de police, en revanche, sont presque exclusivement présents au niveau local : seule la police aéronautique de Zaventem en accueille un certain nombre au fédéral. Le cadre des agents de sécurisation, lui, n’existe qu’au fédéral, parce que les missions de sécurisation des sites sensibles relèvent par nature d’une compétence nationale.
Les opérations conjointes entre niveaux sont fréquentes. Pour une enquête sur une criminalité grave, la police locale peut s’appuyer sur l’expertise et les moyens fédéraux. À l’inverse, certains dispositifs fédéraux mobilisent un appui local pour assurer la couverture du terrain. La zone interpolice (ZIP) et les structures de coordination assurent cette articulation au quotidien.

Foire aux questions
Quels sont les grades de la police en Belgique ?
La police belge comprend, dans le cadre opérationnel, six grades policiers de base répartis sur cinq cadres : Agent de Police (AGP), Inspecteur de Police (INP), Inspecteur Principal de Police (INPP), Commissaire de Police (CP) et Commissaire Divisionnaire de Police (CDP), auxquels s’ajoute le cadre spécifique des agents de sécurisation. Chacun de ces grades de base existe en variante « Aspirant » (durant la formation) et « Premier » (après 13 ans d’ancienneté). La Police fédérale dispose en outre d’un cadre spécifique d’agents de sécurisation avec 8 grades propres.
Quel est l’ordre des grades dans la police belge, du plus bas au plus haut ?
Du plus bas au plus haut, l’ordre est le suivant : Agent de Police (cadre des agents), Inspecteur de Police (cadre de base), Inspecteur Principal de Police (cadre moyen), Commissaire de Police (cadre officier), Commissaire Divisionnaire de Police (sommet du cadre officier). Chaque niveau dispose également d’un grade « Aspirant » en début de carrière, et d’un grade « Premier » après 13 ans d’ancienneté qui s’ajoute en préfixe.
Quel est le grade le plus élevé dans la police belge ?
Le grade le plus élevé est le Commissaire Divisionnaire de Police (CDP), et plus précisément le Premier Commissaire Divisionnaire de Police pour ceux qui comptent au moins 13 ans d’ancienneté dans ce grade. Visuellement, le commissaire divisionnaire se reconnaît à la présence de feuilles de chênes sur son képi ou sa casquette, en plus des couronnes dorées de l’écusson.
Quelle est la hiérarchie des grades dans un commissariat de police belge ?
Dans un commissariat, la hiérarchie s’organise de bas en haut : les agents de police (AGP) pour les missions de circulation et l’appui, les inspecteurs (INP) pour la première ligne et le contact avec la population, les inspecteurs principaux (INPP) pour l’encadrement d’équipe, et les commissaires (CP et CDP) pour la direction stratégique. Les officiers (CP et CDP) ont qualité d’Officier de police judiciaire et administrative. Les INPP sont en principe OPJ, et les inspecteurs sont Agents de police judiciaire (APJ), avec une obligation OPJ pour ceux en service d’enquête depuis 2019.
Quels sont les grades de la police communale en Belgique ?
La police communale belge a été dissoute le 1er janvier 2001 lors de la réforme des polices. Elle a fusionné avec la gendarmerie pour former la police locale actuelle. Ses anciens grades (inspecteur, inspecteur principal, commissaire adjoint, commissaire de police) ont été intégrés dans les nouveaux cadres de la police intégrée, notamment le cadre de base, le cadre moyen et le cadre officier. Au moment de la réforme, la Belgique comptait 589 polices communales avec 18 745 policiers communaux.
Quelle est la structure de la police belge ?
La police belge est une police intégrée structurée à deux niveaux : la police fédérale (compétence nationale) et la police locale (compétence communale ou de zone). Son personnel se répartit entre deux cadres : le cadre opérationnel (en uniforme, 5 sous-cadres) et le cadre administratif et logistique CALog (personnel civil, niveaux A à D, environ 20 % de l’effectif). Cette structure est issue de la loi-cadre du 7 décembre 1998 et a pris effet le 1er janvier 2001.
Quelle est la réforme de la police belge ?
La réforme des polices a été adoptée par la loi-cadre du 7 décembre 1998 et mise en œuvre le 1er janvier 2001. Elle a fusionné les trois anciennes forces de police (police communale, police judiciaire et gendarmerie) en une seule police intégrée à deux niveaux : fédéral et local. L’affaire Dutroux de 1996 a été l’élément déclencheur majeur en révélant les défaillances d’un système policier morcelé. Les grades issus de la réforme sont entrés en vigueur le 30 avril 2002 après publication de la loi au Moniteur belge le 26 avril 2002.
Comment reconnaître le grade d’un policier belge ?
Le grade se reconnaît principalement à la plaquette de grade portée sur la poche gauche de l’uniforme, dont le port est obligatoire selon la circulaire GPI 65 du 27 février 2009, sauf en civil. Les insignes dorés indiquent un officier (commissaire ou plus), les argentés un cadre moins élevé. La couleur du liseré sur le képi (doré pour commissaire, argenté pour inspecteur) et la présence de feuilles de chênes (commissaire divisionnaire uniquement) permettent une identification rapide. La couleur ocre indique la police fédérale, le bleu clair la police locale.
Quel diplôme faut-il pour entrer dans la police belge ?
Les exigences varient selon le cadre visé. Aucun diplôme n’est requis pour agent de police ou agent de sécurisation. Un diplôme d’enseignement secondaire supérieur (CESS, 6 années réussies) est nécessaire pour inspecteur. Un diplôme de bachelier est exigé pour inspecteur principal spécialisé dans les filières Ecofin, CSI, ICT ou Assistant de police. Un diplôme universitaire ou non universitaire de type long est requis pour commissaire. Tous les candidats doivent en outre être de nationalité belge, de conduite irréprochable, et réussir les épreuves de sélection (cognitif, sport, personnalité, médical).
Qu’est-ce que le cadre des agents de sécurisation de la police belge ?
Le cadre des agents de sécurisation est exclusif à la Police fédérale. Il comprend 8 grades, de l’Aspirant Agent de Sécurisation de Police au Premier Coordonnateur de Sécurisation de Police. Ces agents sécurisent des sites sensibles : sites nucléaires, aéroport de Bruxelles-National, institutions européennes et nationales, palais royaux, infrastructures de l’OTAN et du SHAPE. Ils assurent également le transfert des détenus et la police des cours et tribunaux.
Sources
Quiz d'entraînement, annales et guides pour chaque épreuve de sélection.



