En Belgique, le test salivaire est devenu l'outil principal pour détecter la conduite sous l'influence de drogues. La règle est simple : tolérance zéro. Dès qu'une trace de substance interdite est détectée dans l'organisme, le conducteur est en infraction, sans seuil autorisé. Comprendre comment se déroule un contrôle, quelles substances sont détectées et pendant combien de temps, ce que vous risquez et quels sont vos droits permet d'éviter beaucoup de mauvaises surprises.
Cet article fait le point sur la procédure officielle, les durées de positivité par substance, les sanctions actuelles et les évolutions récentes de la loi, dont la réforme entrée en vigueur le 1er octobre 2024.
Tolérance zéro et cadre légal en Belgique
La conduite sous influence de drogues fait l'objet d'une tolérance zéro. Concrètement, dès que des traces de certaines substances sont détectées dans votre organisme, vous êtes coupable, peu importe la quantité ou les effets ressentis. Cinq substances sont concernées : le THC (cannabis), l'amphétamine (speed), la MDMA (ecstasy), la morphine ou 6-acétylmorphine (héroïne), et la cocaïne ou benzoylecgonine.
Le cadre juridique repose sur deux textes principaux. La loi du 24 février 1921 constitue le pilier du droit pénal belge en matière de drogues illégales : elle définit les infractions liées aux substances interdites et les peines correspondantes. La loi du 16 mars 1968 relative à la circulation routière, modifiée en 1999, autorise les contrôles d'usage de drogues au volant. Depuis le 1er octobre 2010, ces contrôles s'effectuent via une procédure standardisée en trois étapes.
La consommation de drogues ne constitue pas en elle-même une infraction pénale en Belgique : ce sont les comportements qui l'entourent (possession, vente, trafic) et la conduite sous influence qui sont pénalisés.
L'ampleur des contrôles est massive. Selon le SPF Mobilité, plus d'un demi-million de contrôles drogue sont réalisés chaque année en Belgique, et 36 conducteurs en moyenne sont interceptés chaque jour sous l'emprise de stupéfiants. Selon la Police Fédérale, le risque d'accident peut être jusqu'à 30 fois plus élevé qu'une personne sobre, et selon l'AWSR (Agence Wallonne pour la Sécurité Routière), ce risque grimpe de 20 à 200 fois en cas de combinaison drogue + alcool.

La procédure de contrôle en trois étapes
Selon le SPF Justice, la détection de drogues au volant suit toujours la même logique : chaque étape n'est déclenchée que si la précédente est positive.
Étape 1 : la check-list standardisée
L'agent commence par observer le conducteur à l'aide d'une check-list officielle, qui répertorie une trentaine d'indicateurs répartis en plusieurs rubriques. C'est cette grille qui justifie ou non le passage au test salivaire.
| Rubrique | Signes observés |
|---|---|
| Yeux | Pupilles dilatées, pupilles contractées, yeux rouges, paupières tombantes, regard vitreux |
| Comportement | Agitation, nervosité, euphorie, agressivité, apathie, somnolence |
| Parole | Élocution lente, élocution rapide, propos incohérents |
| Démarche | Instabilité, coordination déficiente |
| Autres | Traces d'injection, tremblements, transpiration excessive |
Historiquement, la règle exigeait qu'au moins 3 signes soient relevés dans au moins 2 rubriques différentes pour déclencher le test salivaire. Cette règle reste la base, mais elle a été assouplie en 2024 (voir plus bas).
Étape 2 : le test salivaire Dräger DrugCheck 3000
Si la check-list est positive, le conducteur est soumis à un test salivaire. Le dispositif officiel utilisé en Belgique depuis le 15 avril 2019 est le Dräger DrugCheck 3000. Il détecte la présence des cinq substances visées par la tolérance zéro : delta-9-THC, amphétamine, MDMA, morphine ou 6-acétylmorphine, cocaïne ou benzoylecgonine.
Le test repose sur la détection des métabolites, ces sous-produits que le corps fabrique en décomposant la substance consommée. Il indique seulement si des substances sont présentes, sans en mesurer la quantité.
Étape 3 : l'analyse en laboratoire
Si le test salivaire est positif, un prélèvement de salive plus important (2 à 3 ml) est effectué à l'aide de l'écouvillon homologué Orasure Intercept I2. Cet échantillon est envoyé au laboratoire pour une analyse de confirmation, qui mesure les quantités exactes. C'est cette analyse, et non le test rapide effectué en bord de route, qui constitue la preuve juridique valable devant le tribunal.
Si l'échantillon de salive ne peut pas être prélevé ou est refusé, une analyse de sang prend le relais.
Ce qui a changé depuis le 1er octobre 2024
L'arrêté royal du 3 septembre 2024, publié au Moniteur belge le 18 septembre 2024, modifie l'arrêté royal du 17 septembre 2010 relatif à la check-list standardisée. Il est entré en application le 1er octobre 2024.
Selon le SPF Mobilité, la check-list est désormais structurée en deux parties. La partie A reprend la logique classique des signes cumulatifs. La partie B liste des cas où un seul signe suffit pour déclencher le test salivaire : possession de drogues au moment du contrôle, aveu spontané de consommation dans les 12 dernières heures, refus de collaborer.
Une nouvelle rubrique de la check-list permet aussi aux forces de l'ordre de consigner d'autres signes d'ivresse ou d'état analogue, même si le test salivaire est négatif. Cela autorise les poursuites contre les conducteurs visiblement sous influence d'une substance non détectable par le dispositif actuel, comme la kétamine ou certaines drogues de synthèse.
Depuis fin 2023, tout conducteur impliqué dans un accident de la route doit également se soumettre, en plus du test d'alcoolémie habituel, à un test de détection de drogue.
Durée de positivité au test salivaire selon la substance
La question la plus fréquente : combien de temps reste-t-on positif ? La réponse dépend de la substance, mais aussi du profil de consommation (occasionnel, régulier, intensif). Le cas du cannabis est le plus parlant. Selon Drogues Info Service, le THC est détectable dans la salive 6 à 8 heures pour un consommateur occasionnel, jusqu'à 24 heures pour un consommateur régulier, et jusqu'à 8 jours pour un consommateur intensif et quotidien.
Les définitions de référence retenues : usage occasionnel signifie au moins un usage dans l'année, usage régulier plus d'une fois par semaine (au moins 10 consommations dans le mois), usage intensif et quotidien plusieurs prises par jour sur une durée longue.
Le tableau ci-dessous récapitule les durées de détection pour les principales substances, dans les trois matrices biologiques classiques.
| Substance | Salive | Urines | Sang |
|---|---|---|---|
| Cannabis (usage occasionnel) | 6 à 8 heures | 3 à 5 jours | THC : 2 à 8h |
| Cannabis (usage régulier) | jusqu'à 24h | 30 à 70 jours | non spécifié |
| Cannabis (usage intensif/quotidien) | jusqu'à 8 jours | non spécifié | jusqu'à plus d'un mois |
| Amphétamine | jusqu'à 50 heures | jusqu'à 4 jours | 2 à 4 jours |
| Méthamphétamine | jusqu'à 50 heures | plus de 7 jours | 2 à 4 jours |
| Cocaïne | 24h (48h régulier) | 2 à 4 jours (10-14 j. Intensif) | moins de 24 heures |
| Ecstasy/MDMA | jusqu'à 12 heures | jusqu'à 72 heures | jusqu'à 8 heures |
| Héroïne | 12 à 24 heures | 48 à 72 heures | jusqu'à 24 heures |
| Méthadone | Non détectable | 3 à 7 jours | jusqu'à 48 heures |
| Buprénorphine | Non détectable | 1 à 2 jours | jusqu'à 8 heures |
| LSD | Non spécifié | 1 à 2 jours | quelques heures |
| GHB/GBL | Non spécifié | 10 heures | 6 heures |
| Codéine | 9 à 12 heures | 24 à 48 heures | jusqu'à 8 heures |
Source : Drogues Info Service.
Un point important : la durée de détection dépasse largement la durée des effets. Les effets du cannabis fumé durent généralement 4 à 6 heures, mais le THC reste détectable bien plus longtemps. Un conducteur peut donc être sanctionné alors qu'il ne ressent plus aucun effet au moment du contrôle.
Ces durées ne sont qu'indicatives. Elles varient selon la quantité absorbée, la concentration de la substance active, la vitesse du métabolisme, les caractéristiques physiques, l'état de santé et le moment de la prise.

Ce qui se passe après un test salivaire positif
Un test salivaire positif déclenche une cascade de conséquences immédiates. Le conducteur fait l'objet d'une interdiction immédiate de conduire de 12 heures. Dans la foulée, le procureur du Roi peut retirer le permis de conduire pour 15 jours, ce qui est en pratique quasi systématique. Ce retrait peut être prolongé jusqu'à deux fois 3 mois.
L'échantillon de salive prélevé pendant la procédure est envoyé en laboratoire. Le résultat de l'analyse de confirmation arrive par courrier. C'est lui qui détermine la suite : perception immédiate, citation devant le tribunal, ou classement.
Toute infraction de conduite sous influence de drogues fait systématiquement l'objet de poursuites devant le tribunal compétent. Le juge dispose d'une palette de sanctions selon qu'il s'agisse d'une première infraction ou d'une récidive.
Cas particulier des conducteurs étrangers. Depuis le 1er janvier 2025, selon la Police Fédérale, les conducteurs étrangers contrôlés sous influence en Belgique doivent s'acquitter d'une amende de consignation de 1 260 euros, à régler sur place sous peine de voir leur véhicule saisi. Cette somme est consignée en attente du procès et pourra servir d'acompte sur l'amende prononcée. La mesure répond à un problème récurrent : les conducteurs étrangers échappaient souvent aux sanctions après leur retour à l'étranger.
Sanctions encourues : amendes, déchéance et prison
Les sanctions ont été harmonisées et alourdies après la réforme de 2024. Selon les données publiées par les organismes belges de sécurité routière et les sources juridiques consultées, voici la grille actuellement applicable.
| Sanction | Détails |
|---|---|
| Amende | 1.600,00 € à 16.000,00 € |
| Déchéance du droit de conduire | 1 mois minimum |
| Examens de réintégration | Médical et psychologique (sur demande du Ministère Public) |
Pour une première infraction, la sanction est donc une amende de 1 600 à 16 000 euros, accompagnée d'une déchéance du droit de conduire d'au moins 1 mois. Le juge peut imposer des examens médicaux et psychologiques de réintégration sur demande du Ministère Public.
En cas de récidive dans les 3 ans suivant la condamnation, les sanctions s'aggravent nettement : emprisonnement d'un mois à deux ans, amende de 3 200 à 40 000 euros, et déchéance du permis de 3 mois à 5 ans, voire définitive.
Pour les consommateurs réguliers ou quotidiens dont la consommation est avouée aux forces de l'ordre, un risque de déchéance à vie existe si le tribunal considère le conducteur physiquement et psychologiquement inapte à conduire. Un médecin expert mandaté par le Ministère Public est généralement rencontré avant l'audience pour évaluer ce point.
Les jeunes conducteurs paient un prix particulier. Ceux qui n'ont pas leur permis depuis 2 ans se voient automatiquement retirer leur permis en cas de test positif et doivent repasser les examens pour le récupérer.
Refuser le test ne sert à rien : selon les sources juridiques consultées, en cas de refus du test salivaire ou de l'analyse sanguine, les mêmes sanctions s'appliquent que pour un test positif. Si le refus est jugé infondé par le médecin requis sur place, les frais d'intervention médicale sont à votre charge.

CBD et tests salivaires : un terrain à risque
Le CBD est légal en Belgique sous conditions strictes, et son statut alimente beaucoup de confusion. Selon l'AFMPS, le CBD est autorisé à condition de contenir moins de 0,2% de THC. Cette limite s'inscrit dans le cadre réglementaire applicable au chanvre industriel et concerne le contrôle routier. À noter que l'AFMPS mentionne un seuil de 0,3% qui s'applique à un autre cadre réglementaire (compétence du SPF Santé publique pour certains produits), distinction qui n'efface pas la règle des 0,2% dans le contexte de la conduite.
Les huiles, gélules et cosmétiques au CBD sont autorisés s'ils respectent cette limite. En revanche, fumer du CBD, boire ou consommer des tisanes de CBD reste interdit, même si les produits respectent la teneur en THC.
Le problème : les tests salivaires ciblent le THC, pas le CBD. Mais beaucoup de produits CBD du marché, en particulier les fleurs et résines, contiennent des traces de THC. Cela peut suffire à déclencher un test positif et à entraîner toutes les sanctions décrites plus haut. Selon les analyses publiées par le CHU de Liège et reprises par la presse belge, environ 50% des produits CBD commerciaux testés contiendraient plus de 0,2% de THC (donnée à prendre avec prudence, non confirmée par une étude publiée séparément).
Le CBD peut être détecté dans la salive pendant 24 à 48 heures après la dernière consommation, selon la fréquence d'usage, la quantité ingérée et le métabolisme. Concrètement, les recommandations sectorielles invitent les utilisateurs occasionnels à attendre 24 à 72 heures avant de conduire, et les utilisateurs réguliers à attendre une semaine.
Dernier point souligné par l'AWSR : même un CBD à moins de 0,2% de THC peut affecter la conduite par ses effets analgésiques et tranquillisants, susceptibles d'entraîner somnolence et baisse de vigilance.
Cannabis en Belgique : possession, usage personnel et politique de tolérance
Contrairement à une idée répandue, le cannabis n'est pas légal en Belgique. La loi du 24 février 1921 incrimine tous les comportements liés à l'usage de drogues. Une politique de tolérance existe néanmoins pour les adultes, encadrée par les directives de politique criminelle.
Selon le SPF Justice, pour bénéficier de la "faible priorité" des poursuites, plusieurs conditions doivent être réunies. Le détenteur doit être majeur (plus de 18 ans), la quantité doit être destinée à un usage personnel (maximum 3 grammes ou une plante cultivée), et il ne doit pas y avoir de circonstances aggravantes. La détention ne peut pas avoir lieu dans un établissement scolaire ou ses abords immédiats, ni dans un établissement pénitentiaire ou une institution de protection de la jeunesse. Elle ne peut pas être ostentatoire dans un lieu public, ni se faire en présence de mineurs.
Lorsque ces conditions sont remplies, un procès-verbal simplifié est rédigé par les forces de l'ordre et transmis au procureur du Roi, qui décide ensuite d'engager ou non des poursuites. Selon le SPF Justice, le montant des amendes pour possession simple en première infraction est de 15 à 25 euros auxquels s'applique un coefficient multiplicateur de 8.
Deux points essentiels souvent oubliés. D'abord, pour les mineurs, aucune tolérance n'existe : toute détention ou consommation entraîne un procès-verbal ordinaire transmis au juge de la jeunesse, et la loi du 8 avril 1965 sur la protection de la jeunesse s'applique. Ensuite, selon l'AWSR, la tolérance pour la possession ne s'applique jamais à la conduite. Quel que soit le seuil détenu, conduire avec du THC dans l'organisme constitue une infraction.
Effets des drogues sur la conduite et données belges
Selon l'AWSR, les drogues psychoactives influent sur l'état psychologique général et donc sur les aptitudes cognitives et psychomotrices : attention, traitement de l'information, évaluation, perception, aptitudes motrices, vigilance, comportement à risque, impulsivité.
Pour le cannabis, les effets typiques sur la conduite incluent des difficultés de concentration, une moins bonne perception de l'environnement, une perte de coordination, des difficultés à garder une trajectoire droite, à évaluer les distances, un temps de réaction allongé et une conduite hésitante.
Les chiffres parlent. Selon l'AWSR, le cannabis représente environ 1 test salivaire positif sur 2 en Wallonie. Près de 4 conducteurs wallons sur 10 sous influence de cannabis ont également déclaré avoir conduit après avoir consommé d'autres drogues. Le profil-type est jeune : 2 conducteurs wallons sur 3 ayant conduit sous influence de drogues sont âgés entre 18 et 34 ans, et 1 sur 2 est un jeune homme de cette tranche d'âge.
La polyconsommation est en hausse. Sur les 8 289 échantillons de salive analysés en 2025, 30% révélaient la présence de plusieurs drogues, contre 20% en 2020 (donnée issue d'une source unique, à considérer comme une tendance plutôt qu'une certitude absolue).
Nouvelles drogues synthétiques, kétamine et limites du test
Le test salivaire actuel ne couvre que cinq substances. Cela laisse de côté la kétamine, le protoxyde d'azote (gaz hilarant) et de nombreuses drogues de synthèse, qui ne sont pas décelables par le dispositif standard.
Selon le SPF Mobilité, c'est précisément la raison d'être de la nouvelle rubrique de check-list introduite en octobre 2024. Les forces de l'ordre peuvent désormais consigner d'autres signes d'ivresse ou d'état analogue, et permettre les poursuites devant le tribunal même si le test salivaire est négatif.
Pour le protoxyde d'azote, l'AWSR rappelle que ses effets sur le jugement, la coordination, la vision et les réflexes peuvent persister jusqu'à 45 minutes après la prise. Depuis le 11 mars 2024, un arrêté royal interdit son usage détourné à des fins récréatives.
Côté technique, selon les annonces relayées par la presse belge, les forces de l'ordre belges devraient disposer courant 2026 d'un nouveau test salivaire capable de détecter la kétamine, en collaboration avec les services français.
Cannabis médical et CBD thérapeutique
Selon l'AFMPS, Sativex est actuellement la seule spécialité à base de cannabis disposant d'une autorisation de mise sur le marché en Belgique. Le médicament contient à la fois du CBD et du THC. Une autre spécialité, Epidyolex, a reçu une AMM en 2019 mais n'est pas commercialisée sur le marché belge.
Les pharmaciens peuvent également délivrer des préparations magistrales à base de matière première pharmaceutique CBD, à condition de respecter la réglementation. Selon la circulaire AFMPS de juillet 2019, la patiente ne doit pas être exposée à plus de 1 microgramme de THC par kg de poids corporel par jour, et un certificat d'analyse est requis.
Pour les patients sous cannabis médical, l'AWSR recommande des précautions strictes au volant. En cas d'usage médical quotidien, il faut éviter de conduire pendant les 2 premières semaines. En cas d'usage occasionnel, éviter de conduire pendant les 15 heures suivant la prise. Ces consignes valent aussi pour l'huile de CBD utilisée à visée thérapeutique.
Les denrées alimentaires (sucettes, cakes, brownies) et compléments alimentaires prétendant soulager la douleur ou les troubles du sommeil grâce au cannabis ne sont pas autorisés comme médicaments en Belgique et sont vendus illégalement.

Fiabilité du test salivaire et faux positifs
Le test salivaire n'est pas infaillible. En juin 2017 en Belgique, plus de 10% des conducteurs ayant obtenu un test salivaire positif ont été innocentés après l'analyse de sang ultérieure. Cette statistique provient d'une seule source et est ancienne, mais elle illustre une problématique réelle.
Des études internationales convergent. Selon les analyses publiées sur le Dräger DrugTest 5000, ce dispositif a montré en Norvège des taux de faux positifs très variables : environ 14% pour le cannabis, 23% pour l'amphétamine, 38% pour la méthamphétamine, 36% pour les benzodiazépines et 87% pour la cocaïne. En France, une étude menée au CHU de Poitiers sur 740 échantillons a révélé 10,1% de faux positifs pour le cannabis et 19% de faux négatifs.
Plusieurs facteurs peuvent provoquer un faux positif : certains médicaments légaux (codéine, CBD, buprénorphine), une mauvaise manipulation ou un calibrage défaillant des appareils, ou encore une exposition passive au cannabis.
D'où l'importance de l'étape laboratoire. Le test salivaire en bord de route est un outil de screening ; seule l'analyse en laboratoire d'un prélèvement salivaire ou sanguin constitue une preuve juridiquement valable. Un test rapide positif ne donne aucune indication sur les quantités et ne suffit pas, à lui seul, à fonder des poursuites.

Foire aux questions
Est-ce que la police peut faire un test salivaire ?
Oui. En Belgique, la police peut imposer un test salivaire à toute personne qui conduit un véhicule, s'apprête à conduire, ou est présumée avoir eu un accident. Le test est systématique pour tout conducteur impliqué dans un accident de la route. Depuis le 1er octobre 2024, la procédure est facilitée : un seul signe (possession de drogues, aveu de consommation récente) suffit pour déclencher le test dans certains cas.
Quelle est la sanction pour conduite sous stupéfiants en Belgique ?
Pour une première infraction, la sanction est une amende de 1 600 à 16 000 euros, accompagnée d'une déchéance du droit de conduire d'au moins 1 mois. En cas de récidive dans les 3 ans, les sanctions comprennent une amende jusqu'à 40 000 euros, une peine d'emprisonnement d'un mois à deux ans, et une déchéance du permis de 3 mois à 5 ans voire définitive. Un permis est immédiatement retiré pour 12 heures et le procureur du Roi peut le suspendre pour 15 jours dès le contrôle positif.
Combien de temps reste-t-on positif au test salivaire ?
Cela dépend de la substance et du profil de consommation. Pour le cannabis (THC) : 6 à 8 heures pour un consommateur occasionnel, jusqu'à 24 heures pour un consommateur régulier, et jusqu'à 8 jours pour un consommateur intensif. La cocaïne reste détectable environ 24 heures (jusqu'à 48h en usage régulier), la MDMA jusqu'à 12 heures, les amphétamines jusqu'à 50 heures, et l'héroïne 12 à 24 heures. Ces durées sont indicatives et varient selon le métabolisme individuel.
Comment faire pour que le test salivaire soit négatif ?
Il n'existe aucune méthode fiable et prouvée pour rendre un test salivaire négatif si l'on a consommé une substance interdite. Aucune preuve sérieuse ne permet d'affirmer l'efficacité des bains de bouche, 'cleaners' ou autres recettes. La seule garantie est d'attendre que les substances soient naturellement éliminées par l'organisme, en respectant les délais de détection propres à chaque substance et à votre profil de consommation.
Est-ce que le CBD est détectable par la police lors d'un contrôle ?
Le CBD lui-même ne réagit pas aux tests salivaires. Cependant, certains produits CBD contiennent des traces de THC qui, elles, sont détectables. En Belgique, la limite légale est de 0,2% de THC dans les produits CBD. En cas de doute, les autorités peuvent exiger un test sanguin plus approfondi. Les traces de THC liées au CBD peuvent être détectées dans la salive de 24 à 48 heures après la dernière consommation.
Est-ce que le CBD rend positif au test salivaire ?
Le CBD pur ne déclenche pas de test positif car les tests salivaires ciblent spécifiquement le THC, et non le CBD. Toutefois, si le produit CBD consommé contient des traces de THC (ce qui est fréquent), le test peut être positif. Il est donc crucial d'utiliser des produits CBD certifiés contenant moins de 0,2% de THC, accompagnés de certificats d'analyse. Les isolats de CBD, qui ne contiennent pas de THC, minimisent ce risque.
Est-ce que le cannabis est autorisé en Belgique ?
Non. Le cannabis reste illégal en Belgique en vertu de la loi du 24 février 1921. Cependant, une politique de tolérance s'applique pour les majeurs (plus de 18 ans) qui détiennent moins de 3 grammes pour un usage personnel, sans circonstances aggravantes. Dans ce cas, un procès-verbal simplifié est dressé. Pour les mineurs, aucune tolérance n'existe. La tolérance ne s'applique jamais à la conduite sous cannabis.
Comment la police détecte-t-elle le cannabis ?
La police suit une procédure en trois étapes : d'abord une check-list standardisée de signes comportementaux (pupilles dilatées, yeux rouges, comportement anormal…) ; si au moins 3 signes sont présents dans 2 rubriques différentes, un test salivaire Dräger DrugCheck 3000 est effectué ; si positif, un prélèvement de salive est envoyé en laboratoire (écouvillon Orasure Intercept I2) pour confirmation. Le test détecte spécifiquement le delta-9-THC, parmi d'autres substances.
Quelle est la durée de positivité des drogues dans les différentes matrices biologiques ?
Les durées varient selon la substance et la matrice : le cannabis occasionnel est détectable 6-8h dans la salive, 3-5 jours dans les urines et 2-8h dans le sang ; la cocaïne 24h dans la salive et 2-4 jours dans les urines ; la MDMA 12h dans la salive ; les amphétamines jusqu'à 50h dans la salive ; l'héroïne (morphine) 12-24h dans la salive et 48-72h dans les urines. Ces durées sont indicatives et dépendent du profil de consommation et du métabolisme individuel.
Est-il possible d'avoir un test salivaire positif 10 jours après avoir fumé ?
Pour un consommateur occasionnel, un test salivaire positif 10 jours après la dernière consommation de cannabis est très improbable (détection : 6-8 heures). En revanche, pour un consommateur intensif et quotidien (plusieurs joints par jour), le THC peut rester détectable dans la salive jusqu'à 8 jours après la dernière prise. Un délai de 10 jours dépasse donc généralement la fenêtre de détection, sauf cas de métabolisme très lent.
Sources
- Tout savoir sur le CBD et les contrôles de police en Belgique – floracbd.fr
- Cannabis : permis ou interdit en Belgique ? – bruxelles-j.be
- Les réglementations concernant le cannabis – infordrogues.be
- Stupéfiants au volant : combien de temps pour un test salivaire positif ? – stagespointspermis.com
- Drogue et sécurité routière – awsr.be
- Renforcement des règles en matière de conduite sous l'influence de stupéfiants – cohezio.be
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