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Police scientifique Belgique : missions, formation et carrière

Tout sur la police scientifique en Belgique : CSI, FPL, formation INPP SP de 14 mois, salaire, accréditation BELAC et innovations forensiques.

Technicien de police scientifique en pleine collecte de preuves sur une scène de crime derrière un ruban de sécurité.

La police scientifique belge intervient dans l’ombre des enquêtes judiciaires les plus sensibles. Empreintes digitales, ADN, traces de sang, reconstitutions 3D : son rôle est de transformer des indices matériels en preuves objectives utilisables devant un tribunal. En 2025, le service a fêté ses 100 ans, et son organisation a profondément évolué.

Cet article fait le point sur ce qu’est concrètement la police scientifique en Belgique, comment elle est structurée, comment on y entre, ce qu’on y fait, et ce qui change avec la fusion des laboratoires et l’arrivée de nouvelles technologies. Il s’adresse aux candidats qui envisagent une carrière dans la forensique, aux étudiants en sciences, et à toute personne curieuse de comprendre les coulisses des enquêtes judiciaires belges.

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Qu’est-ce que la police scientifique en Belgique

La police scientifique regroupe les services et activités liés à la recherche et à l’identification des auteurs d’infractions par des moyens techniques et scientifiques. En Belgique, cette mission est assurée par la Police Technique et Scientifique (PTS), qui compte environ 500 collaborateurs aux métiers spécialisés selon les chiffres officiels publiés par la Police Fédérale en 2025.

La PTS fait partie de la Direction générale de la Police Judiciaire Fédérale (DGJ), elle-même composante de la Police Fédérale. La loi du 7 décembre 1998 a organisé la police belge sur deux niveaux, fédéral et local, posant le cadre dans lequel s’inscrit la PTS actuelle.

Deux entités opérationnelles : CSI et FPL

Le laboratoire de la Police Judiciaire Fédérale est constitué de deux entités distinctes, qui se complètent.

Les unités Crime Scene Investigation (CSI) forment le front office. Leurs membres sont des policiers de terrain qui interviennent directement sur les scènes de crime. Ils photographient les lieux, prélèvent les traces, conservent les indices et rédigent les procès-verbaux. Ce service est en garde 24h/24, 7j/7. Selon les données officielles de la Police Fédérale, les 14 PJF (Police Judiciaire Fédérale) comportent toutes une unité CSI.

Les Forensic Police Laboratories (FPL) constituent le back office. Ils traitent les pièces à conviction transmises par les CSI à l’aide de techniques chimiques et physiques avancées. D’après la Police Fédérale, les FPL sont au nombre de cinq et sont implantés à Anvers, Gand, Bruxelles, Liège et Charleroi. La plupart de leurs membres sont des civils relevant du cadre administratif et logistique (Calog), contrairement aux CSI qui sont policiers de terrain.

La Direction centrale DJT

Au sommet de cette organisation se trouve la Direction centrale de la police technique et scientifique (DJT). Selon les données officielles publiées par la Police Fédérale, elle compte 110 membres du personnel et couvre 15 spécialisations différentes : reconstruction faciale, comparaison dactyloscopique, authentification de passeports, identification de victimes lors de catastrophes (équipe DVI), analyse d’enregistrements sonores, interprétation de traces de sang, et bien d’autres.

La DJT mélange opérationnels et civils. Les grades vont de l’inspecteur au commissaire divisionnaire pour les premiers, du niveau secondaire au master pour les seconds. Elle abrite aussi des services d’appui (secrétariat, communication, gestion documentaire, management de projets).

Cent ans d’histoire : des pionniers à la forensique moderne

Le 3 avril 2025, un colloque dédié au centième anniversaire de la PTS s’est tenu à Bruxelles, au Polis Center, devant 180 participants et en présence du ministre Bernard Quintin. C’est à cette occasion que la PTS belge a officiellement célébré ses 100 ans d’existence.

« La PTS œuvre souvent dans l’ombre, et c’est précisément pour cette raison que nous mettons aujourd’hui leur expertise en avant. Le centenaire de ce service hors du commun marque un jalon. »
— Bernard Quintin, ministre de la Sécurité et de l’Intérieur

L’histoire de la police scientifique dépasse les frontières belges. Selon Wikipédia, le Français Alphonse Bertillon est reconnu comme l’un de ses fondateurs : à partir de 1882, il développe au sein de la préfecture de Police de Paris des techniques biométriques innovantes, donnant naissance à la photographie judiciaire. La première école de police scientifique au monde est fondée en 1909 par Rodolphe Archibald Reiss, et le premier laboratoire en 1910 par Edmond Locard.

D’autres techniques apparaissent à la même époque. La morphoanalyse des traces de sang, d’origine américaine, émerge dès 1895. L’entomologie légale naît véritablement avec les travaux de Jean Pierre Mégnin en 1894. La dactyloscopie, d’origine britannique, est rapidement introduite en France et en Belgique.

En Belgique, l’évolution historique retracée lors du colloque couvre la naissance du signalement descriptif, le premier service d’anthropométrie, la photographie judiciaire, les débuts des empreintes digitales, le premier service d’identification judiciaire, et la première école de police à Ostende avec ses cours de Police Technique et Scientifique. Des noms comme Druyts, Bertillon, Goddefroy, Stockis, Gillet ou de Laveleye ont marqué cette trajectoire.

Techniciens de la police scientifique effectuant des relevés sur une scène de crime sécurisée par une rubalise jaune.

Les missions concrètes : du terrain au laboratoire

Le travail du CSI sur le terrain

Sur une scène de crime, le CSI a plusieurs casquettes simultanées. Il assure l’imagerie des lieux par photos, vidéos et caméras THETA 360°, ainsi que la captation des traces sur les victimes et la reconstitution des faits. Il recherche, prélève et conserve toutes les traces utiles, y compris en salle d’autopsie.

Ces traces deviennent ensuite des pièces à conviction destinées à l’analyse : dactyloscopie, ADN, fibres et poils. Le CSI met en œuvre les premières recherches comparatives, rédige un procès-verbal et constitue un dossier qui sera transmis aux enquêteurs et au magistrat.

Le travail du laborantin en FPL

Le FPL prend le relais. Le laborantin exploite les pièces à conviction à l’aide de techniques chimiques et physiques pour contribuer à élucider l’affaire. Il choisit la méthode d’analyse la plus adaptée, utilise différentes sources lumineuses pour révéler les traces, et applique des techniques digitales pour les visualiser et les enregistrer.

Il maîtrise des appareils analytiques sophistiqués : chromatographes (HPLC, GC, GC-MS), spectromètres de masse, spectrographes UV-Vis, analyseurs immunologiques. Selon la description de fonction officielle, il réalise quatre grands types d’analyses : chimiques (identification de substances), toxicologiques (détection de drogues, médicaments, alcool dans des fluides biologiques), biologiques (pathogènes, cultures microbiennes) et sérologiques (groupes sanguins, antigènes, anticorps).

À cela s’ajoutent le calibrage et le contrôle qualité des tests, la maintenance des appareils, la gestion des stocks de réactifs, et la rédaction de rapports destinés au CSI et à des services externes.

Témoigner devant les tribunaux

Les membres de la DJT sont régulièrement amenés à témoigner devant la cour d’assises et à expliquer leur méthode. Une gradation est appliquée selon le degré de probabilité attribué à l’expertise.

« Notre contribution à une instruction peut vraiment faire la différence. En tant que spécialistes, les membres de DJT apportent des éléments convaincants et objectifs à un enquêteur ou un magistrat essayant de mener à bien le dossier. Les empreintes digitales ou les analyses de traces de sang ne correspondent pas toujours au récit donné par un suspect. »
— Sabien Gauquie, directrice de la DJT

Cette dimension judiciaire est centrale. Comme le rappelle Sabien Gauquie, « tout n’est pas toujours noir ou blanc » : les conclusions forensiques s’expriment en termes de probabilité, ce qui demande une grande rigueur intellectuelle.

Expert forensique utilisant un pinceau et un équipement analytique pour examiner une preuve en laboratoire.

La chaîne de garde des preuves et l’accréditation BELAC

La chaîne de garde est un concept juridique fondamental qui garantit l’intégrité des éléments de preuve, de leur collecte à leur utilisation devant un tribunal. Tout manquement peut invalider les résultats en audience.

Concrètement, chaque échantillon doit être identifié sans équivoque par un code ou un numéro de dossier. Chaque étape de manipulation (réception, stockage, analyse, destruction) doit être documentée avec la date, l’heure et le nom du responsable. Les conditions de stockage (température, humidité, protection contre la contamination) doivent être adaptées à la nature de l’échantillon.

L’obligation européenne d’accréditation

La PTS belge est soumise à une obligation européenne d’accréditation de ses laboratoires forensiques. Cette accréditation est délivrée par BELAC, l’organisme belge reconnu par l’État, après un audit approfondi. Elle concerne notamment les analyses d’empreintes digitales et d’ADN.

Les laboratoires doivent également respecter la norme ISO 17025, qui définit les exigences générales de compétence des laboratoires d’essais et d’étalonnage.

« Cette accréditation ne change rien à la qualité intrinsèque de notre travail mais constitue une garantie aux yeux du monde extérieur. »
— Sabien Gauquie, directrice de la DJT

Sécurité et prévention de la contamination

La sécurité du laborantin et l’intégrité des analyses dépendent de mesures strictes. Port d’équipement de protection individuelle (gants, blouse, lunettes, masque), utilisation de hottes et de cabines de biosécurité, procédures d’exposition minimale aux substances dangereuses.

La prévention de la contamination croisée est tout aussi critique. Instruments stériles ou nettoyés entre les analyses, traitement des échantillons dans un ordre défini pour éviter les transferts accidentels, aires de travail propres et ordonnées. Une contamination non documentée peut compromettre les résultats et menacer toute l’enquête.

Comment entrer dans la police scientifique : le parcours CSI

Les conditions d’admission

Pour postuler au poste d’Inspecteur Principal avec Spécialisation Particulière (INPP SP) en Labo / CSI, les conditions générales sont les suivantes : posséder la nationalité belge, être âgé d’au moins 17 ans, fournir un extrait de casier judiciaire (modèle 595) de moins de trois mois, et constituer un dossier d’inscription complet.

Côté diplôme, la Police Fédérale accepte plus de 30 cursus scientifiques ou techniques. La liste de référence pour le recrutement inclut notamment des masters en bio-informatique, biologie moléculaire, sciences de l’ingénieur, chimie, physique, géologie, informatique, ainsi que des bacheliers en biologie, chimie, informatique, photographie, médecine ou pharmacie.

La procédure de sélection en trois phases

La sélection se déroule en trois phases successives.

La Phase 1 est la sélection générique. Elle comprend sept épreuves : aptitudes cognitives (raisonnement abstrait, numérique et verbal), aptitudes sportives (parcours fonctionnel et épreuve de robustesse), connaissances professionnelles préalables, personnalité, et examen médical.

La Phase 2 correspond à la constitution d’une réserve de recrutement et à la candidature à un poste précis.

La Phase 3 est la sélection finale par la zone ou le service de police, suivie de l’entrée en formation.

L’épreuve sportive mérite une attention particulière. En cas de réussite, le candidat est dispensé pendant un an. En cas d’échec au premier passage, il peut demander un repêchage 2 mois après sa première tentative, et a jusqu’à 12 mois pour le faire. Passé ce délai sans demande, la procédure s’arrête. Un second échec entraîne 1 an d’exclusion avant nouvelle inscription.

Recrue en formation de police scientifique manipulant des preuves dans un laboratoire de l'académie de police.

La formation de 14 mois à l’ANPA

Une fois la sélection franchie, le candidat entame une formation rémunérée de 14 mois. Elle est organisée conjointement par la DGJ et la DJT. La majorité des cours est dispensée en présentiel à l’ANPA, située à la caserne Géruzet à Etterbeek, avec des horaires de 07h45 à 16h15 (présence exigée à partir de 07h35).

La formation se décompose en cinq volets dont les volumes horaires officiels sont les suivants :

Volet Volume horaire
Compétences de base 788 heures
Informatique 166 heures
Qualité d’officier de police judiciaire (OPJAPR) 160 heures
Techniques et tactiques d’intervention (TTI) 180 heures
Enquêteur 175 heures

À cela s’ajoutent quatre stages en unités opérationnelles, pour un minimum de 11 semaines ou 418 heures.

Le contenu pédagogique met l’accent sur les techniques modernes d’investigation : photographie 3D, documentation virtuelle, protocoles de préservation des preuves, traçabilité numérique. Les inspecteurs en formation apprennent aussi à coordonner la collecte d’éléments de preuve, à rédiger des rapports techniques exploitables judiciairement, et à reconnaître les erreurs susceptibles de compromettre une enquête.

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Carrière, salaire et avantages

Le détail exact des grilles salariales n’est pas publié dans les sources officielles de recrutement, mais la formation est rémunérée dès l’entrée en Phase 3 et le poste offre plusieurs avantages concrets.

Les inspecteurs principaux bénéficient de 32 jours de congé par an, d’un remboursement à 100% des transports en commun et en train, de l’accès gratuit aux formations internes, et de services médicaux gratuits.

Après trois années d’ancienneté, les inspecteurs principaux (avec ou sans spécialisation) peuvent participer aux épreuves de promotion interne du cadre moyen et accéder au grade de commissaire.

Profils civils Calog

Pour ceux qui n’envisagent pas une carrière en uniforme, le cadre Calog ouvre une autre voie. La DJT et les FPL recrutent des laborantins, analystes et spécialistes scientifiques avec des niveaux qui vont de l’enseignement secondaire au master.

En 2005, un avant-projet de loi approuvé par le Conseil des ministres a accordé le statut d’OPJAPR (officier de police judiciaire, auxiliaire du procureur du Roi) à certains membres Calog de la DJT et des laboratoires. Cette qualité leur permet d’accomplir seuls leurs missions et de rédiger des procès-verbaux, ce qui libère les fonctionnaires de police OPJAR pour d’autres tâches.

La fusion des laboratoires : de 23 à 5 entités

La carte des laboratoires a évolué ces dernières années. Selon un reportage de RTL Info publié en 2017, la Belgique comptait alors 23 laboratoires scientifiques, dont 14 en Wallonie seule, employant environ 400 personnes. La réforme prévoyait de ramener ce nombre à 5 entités : Charleroi, Liège, Bruxelles, Gand et Anvers. En Wallonie, les 14 labos devaient être réduits à 3 d’ici 2019.

L’objectif officiel est la mise en conformité avec les règles européennes d’accréditation : il devient plus rentable d’investir dans 5 laboratoires modernes et certifiés que dans une vingtaine d’unités dispersées.

La réforme a soulevé de fortes inquiétudes professionnelles. Eddy Quaino, permanent police CGSP, a alerté sur les risques liés au transport des pièces.

« Quand on est dans le Luxembourg ou dans le Hainaut, on va un moment donné devoir manipuler plus souvent les pièces, devoir les transporter avec tous les risques que ça peut engendrer après des manipulations consécutives. On se retrouve avec des pièces où on peut avoir des risques de ce que nous on qualifie de contamination. »
— Eddy Quaino, permanent police CGSP

Les professionnels craignent aussi un allongement des enquêtes et des procédures judiciaires. À Mons, un laboratoire récemment rénové figurait sur la liste des sites susceptibles de fermer, les prélèvements du Borinage devant être transférés à Charleroi.

La DJT face au défi du recrutement

La DJT et les PJF souffrent toutes deux d’un déficit de personnel que les restrictions budgétaires ne permettent de combler qu’au compte-goutte. Le problème est aggravé par la spécificité des expertises : certaines compétences ne sont maîtrisées que par une poignée de personnes.

Les polygraphistes, qui vérifient la véracité des déclarations à l’aide d’un polygraphe, devront prochainement être remplacés. D’autres spécialisations sont dans la même situation.

« J’entends également miser largement sur la recherche et le développement, ainsi que sur l’innovation. L’offre d’expertise de DJT n’a guère évolué et certaines lacunes doivent certainement être comblées. »
— Sabien Gauquie, directrice de la DJT

Trouver des candidats ne pose généralement pas problème : nombreux sont ceux qui veulent se mettre au service de la recherche forensique. Le bémol, selon la directrice, reste la localisation bruxelloise, parfois jugée peu accessible.

Technicien forensique photographiant l'habitacle d'une voiture pour la documentation numérique d'une scène de crime.

Innovations technologiques et avenir

La police scientifique belge investit dans plusieurs technologies de pointe. L’imagerie 3D permet une documentation tridimensionnelle exhaustive des scènes de crime, qui peuvent être revisitées numériquement sans risque de contamination des preuves physiques. Les CSI utilisent déjà la caméra THETA 360° sur le terrain.

L’application CrimeHouseVR, présentée lors du colloque du centenaire, permet aux étudiants en sciences forensiques d’explorer une scène de crime en réalité virtuelle et d’être sensibilisés notamment aux risques de contamination des traces.

Selon Matthijs Zuidberg, chercheur au Nederlands Forensisch Instituut intervenu au colloque, les prochaines évolutions concerneront la reconnaissance speech-to-text, l’intelligence artificielle, la reconnaissance automatique d’objets et la 3D. Une tendance de fond se dessine : le laboratoire tendra à se déplacer vers la scène de crime, plutôt que l’inverse.

« Une scène de crime restera toujours une énigme complexe, mais il en va de notre responsabilité à tous d’essayer d’assembler les pièces du puzzle. »
— Matthijs Zuidberg, chercheur au Nederlands Forensisch Instituut

Collaborations : INCC, médecins légistes et universités

La PTS ne travaille pas en vase clos. Elle collabore étroitement avec l’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC), qui dispose d’un service de Conseil forensique. Les experts de l’INCC formulent des questions d’enquête avec les magistrats et conseillent le parquet ou la police sur la base d’analyses. La dimension internationale et l’uniformité des procédures sont des enjeux centraux pour ce service.

Sur le terrain, la PTS travaille main dans la main avec les médecins légistes. Tandis que le médecin légiste s’occupe du corps et effectue les observations médicales, la PTS prélève et saisit les traces. La collaboration se poursuit lors de l’autopsie. Les deux métiers ont un objectif commun : établir la vérité.

Côté académique, le master en sciences biomédicales forensiques (deux ans, UZ Leuven / KU Leuven) constitue une voie de référence pour intégrer la police scientifique. Il attire chaque année un nombre croissant d’étudiants et nourrit la recherche : ses mémoires explorent par exemple les avantages de la lumière infrarouge pour détecter les taches de sang, ou l’analyse de l’ADN sur les cartouches et douilles après des fusillades. Le professeur Bram Bekaert, ancien gendarme devenu universitaire, incarne ce pont entre monde scientifique et police.

Quelles études pour travailler dans la police scientifique belge

Le choix du cursus dépend du poste visé.

Pour devenir CSI en uniforme, plus de 30 diplômes scientifiques ou techniques sont acceptés. Le spectre est large : masters en bio-informatique, biologie moléculaire, sciences de l’ingénieur, chimie, physique, géologie, informatique, mais aussi licences et bacheliers en biologie, chimie, informatique, photographie, médecine ou pharmacie.

Pour devenir laborantin en FPL, une formation scientifique de niveau bachelor minimum est requise, idéalement en chimie, biologie, biochimie ou toxicologie. Une expérience préalable en laboratoire analytique est fortement recommandée. Une formation complémentaire en droit pénal et procédure judiciaire est un atout pour contextualiser le travail.

Pour les postes Calog non scientifiques (secrétariat, communication, gestion documentaire, management de projets), la DJT recrute du niveau secondaire jusqu’au master.

La voie académique la plus directe reste le master en sciences biomédicales forensiques à l’UZ Leuven / KU Leuven (2 ans), qui collabore directement avec la police pour la recherche et l’innovation.

Comme le rappelle Sabien Gauquie, toutes les spécialisations ne réclament pas un diplôme scientifique. En dactyloscopie par exemple, c’est l’attitude qui prime : minutie, persévérance, motivation et goût de l’amélioration continue.

Protocoles d’investigation sur la scène de crime

La rigueur d’une enquête forensique repose sur des protocoles standardisés, reconnus aux niveaux national et international.

La première étape est la délimitation et la sécurisation de la scène, pour éviter toute intrusion ou contamination. Vient ensuite la documentation systématique par photographies et vidéos, avant tout déplacement d’objet. La collecte suit ensuite un ordre logique défini par les protocoles, qui détermine quelles traces prélever en premier en fonction de leur nature et de leur fragilité.

Chaque pièce est ensuite étiquetée, scellée et tracée. Chaque personne qui manipule une preuve doit être enregistrée, chaque transfert documenté, chaque condition de stockage conforme aux normes.

En laboratoire, la documentation est tout aussi stricte. Le laborantin consigne dans un cahier ou un système électronique chaque analyse : date, heure, identifiant de l’échantillon, protocole utilisé, conditions opératoires, résultats bruts, observations qualitatives. Les rapports doivent être clairs et compréhensibles par des non-scientifiques (enquêteurs, procureurs, juges), et chaque résultat est accompagné d’une incertitude de mesure ou d’un intervalle de confiance. L’archivage respecte des durées légales de conservation selon le type d’affaire.

Expert en police scientifique prélevant un échantillon biologique pour analyse ADN forensique sur une scène de crime.

Foire aux questions

Comment entrer dans la police scientifique en Belgique ?

Pour intégrer la police scientifique en tant que CSI, il faut posséder la nationalité belge, avoir au moins 17 ans, détenir un diplôme scientifique ou technique parmi plus de 30 cursus acceptés, et réussir une procédure de sélection en trois phases (cognitive, sportive, connaissances, personnalité, médicale). Une formation rémunérée de 14 mois suit la sélection. Pour les postes civils en FPL, la candidature se fait via les offres d’emploi Calog de la Police Fédérale.

Quelles études pour être dans la police scientifique belge ?

Plus de 30 diplômes scientifiques ou techniques sont acceptés pour le poste de CSI : masters en bio-informatique, biologie moléculaire, sciences de l’ingénieur, chimie, physique ; bacheliers en biologie, chimie, informatique, photographie, médecine, pharmacie. Pour devenir laborantin en FPL, un bachelor en chimie, biologie, biochimie ou toxicologie est recommandé. La voie académique de référence est le master en sciences biomédicales forensiques (2 ans, UZ Leuven / KU Leuven).

Quel est le salaire d’un policier scientifique en Belgique ?

Les grilles salariales précises ne sont pas publiées dans les sources officielles de recrutement, mais la formation de 14 mois est rémunérée dès la Phase 3 de sélection. Les inspecteurs principaux bénéficient de 32 jours de congé par an, d’un remboursement à 100% des transports en commun et en train, de formations gratuites et de services médicaux gratuits. Après 3 ans d’ancienneté, une promotion au grade de commissaire est possible via les épreuves internes.

Est-ce que le métier de criminologue existe en Belgique ?

Oui. La criminologie est une discipline universitaire et professionnelle en Belgique. L’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) emploie des experts qui conseillent la police et les parquets sur la base d’analyses forensiques. La police scientifique belge intègre également des spécialistes en sciences du comportement et des analystes criminels au sein de la Direction générale de la Police Judiciaire Fédérale.

Qu’est-ce qu’un laboratoire de recherche de police en Belgique ?

Un Forensic Police Laboratory (FPL) est le back office de la police scientifique belge. Il exploite les pièces à conviction collectées par les CSI sur le terrain à l’aide de techniques chimiques, physiques et biologiques (chromatographie, spectrométrie de masse, dactyloscopie, ADN). La Belgique compte 5 FPL, situés à Anvers, Gand, Bruxelles, Liège et Charleroi. Ces laboratoires sont soumis à l’accréditation BELAC (norme ISO 17025) qui garantit la traçabilité et la qualité des analyses.

Quelles sont les missions d’un technicien de laboratoire de police ?

Le laborantin d’un FPL réalise des analyses chimiques, toxicologiques, biologiques et sérologiques sur les preuves collectées. Il détermine la méthode d’analyse la plus adaptée, utilise des appareils sophistiqués (HPLC, GC-MS, spectromètre de masse), respecte la chaîne de garde des preuves et les normes ISO 17025, rédige des rapports compréhensibles par les magistrats et peut témoigner devant les tribunaux.

Quelle est la différence entre le CSI et le FPL dans la police belge ?

Le CSI (Crime Scene Investigation) est le front office : ses membres sont des policiers de terrain disponibles 24h/24, qui interviennent sur les scènes de crime pour photographier, prélever et conserver les traces. Le FPL (Forensic Police Laboratory) est le back office : composé majoritairement de civils (Calog), il analyse en laboratoire les pièces transmises par le CSI à l’aide de techniques chimiques et physiques avancées. Les 14 unités PJF disposent toutes d’un CSI, tandis que les 5 FPL sont concentrés à Anvers, Gand, Bruxelles, Liège et Charleroi.

Quel est le rôle de l’accréditation BELAC pour les laboratoires forensiques belges ?

BELAC est l’organisme belge d’accréditation reconnu par l’État. Il délivre son accréditation aux laboratoires forensiques après un audit approfondi. Cette accréditation est obligatoire en vertu d’une directive européenne et concerne notamment les analyses d’empreintes digitales et d’ADN. Elle garantit la traçabilité et la qualité des processus, offrant une reconnaissance aux yeux du monde judiciaire et des partenaires internationaux. Les laboratoires doivent également respecter la norme ISO 17025.

Quelles sont les technologies du futur utilisées par la police scientifique belge ?

La police scientifique belge s’oriente vers l’imagerie 3D, la réalité virtuelle (application CrimeHouseVR pour la formation), la reconnaissance speech-to-text, l’intelligence artificielle et la reconnaissance automatique d’objets. Les CSI utilisent déjà des caméras THETA 360° et des systèmes de documentation numérique sur le terrain. Une tendance se dessine : le laboratoire tendra à se déplacer vers la scène de crime plutôt que l’inverse.

Combien de laboratoires de police scientifique existe-t-il en Belgique ?

La Belgique compte actuellement 5 Forensic Police Laboratories : Anvers, Gand, Bruxelles, Liège et Charleroi. Cette organisation résulte d’une fusion des anciens 23 laboratoires, initiée pour se conformer aux règles européennes d’accréditation. Les 14 unités de Police Judiciaire Fédérale (PJF) disposent par ailleurs toutes d’une unité CSI pour les interventions sur le terrain.

Pour aller plus loin

La police scientifique belge entre dans une nouvelle ère. Centenaire, en pleine transition vers une organisation resserrée autour de 5 laboratoires, elle doit relever simultanément des défis de recrutement, d’innovation technologique et d’accréditation. Pour les candidats à la fonction, le chemin reste exigeant : il combine rigueur scientifique, capacité d’analyse et adaptation aux contraintes judiciaires.

Si vous envisagez sérieusement une carrière dans la forensique belge, l’étape la plus concrète est de consulter les offres de recrutement en cours et de vérifier votre éligibilité au regard de la liste officielle des diplômes acceptés. Pour une voie académique, le master en sciences biomédicales forensiques de la KU Leuven reste l’une des portes d’entrée les plus directes.

Sources

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